(Actualisé)
par Maayan Lubell et Alexander Cornwell
La position du Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu, qui entend conserver son poste après les élections législatives du 27 octobre, s'est fragilisée jeudi avec la perte d'un parti allié de longue date, tandis que son rival Gadi Eisenkot a reçu le soutien de deux formations arabes.
Le président israélien Isaac Herzog, dont le rôle principalement protocolaire devient crucial post-élections pour décider de l'identité du candidat le plus à même de former un gouvernement, devait rencontrer séparément jeudi soir Benjamin Netanyahu et Gadi Eisenkot, après avoir mené lors des deux jours écoulés des consultations avec les petits partis.
Les élections israéliennes du 27 octobre se sont soldées par une impasse, ni Netanyahu ni Eisenkot, un ancien chef d'état-major, n'ayant réussi à s'assurer une majorité claire au Parlement.
Isaac Herzog a jusqu’au 11 novembre pour se prononcer. Benjamin Netanyahu, chef du Likoud, reste Premier ministre à la tête d’un gouvernement d’intérim jusqu’à la formation d’une nouvelle coalition, ou jusqu’à la tenue d’une nouvelle élection si aucun candidat ne s'impose.
Bien que le Premier ministre sortant ait dépassé les attentes lors du scrutin et que son parti ait remporté le plus grand nombre de sièges à la Knesset, sa coalition a perdu sa majorité au gouvernement.
Obstacle supplémentaire pour le chef du gouvernement sortant, le parti Judaïsme unifié de la Torah a refusé jeudi de recommander un candidat pour former un gouvernement.
Et, bien que Gadi Eisenkot, à l’instar de Benjamin Netanyahu, ait jusqu’à présent exclu de former un gouvernement avec les deux partis arabes, l’un d'eux a apporté jeudi son soutien au général à la retraite et l’autre devait faire de même plus tard dans la journée.
"LES PROBLÈMES QUI NOUS DIVISENT DE L’INTÉRIEUR"
Isaac Herzog a appelé les partis à faire tout leur possible pour éviter un nouveau scrutin.
"Toute personne raisonnable n’a qu’à examiner les défis sécuritaires et diplomatiques qui se présentent à nous, les changements qui s’opèrent dans la région qui nous entoure, et se souvenir des problèmes qui nous déchirent de l’intérieur, pour comprendre qu’une immense responsabilité pèse sur nos épaules", a-t-il déclaré.
Il a rencontré mercredi les petites formations politiques et prévoyait d’autres réunions avec les partis, par ordre croissant d’importance, pour finir par le Yashar d’Eisenkot et le Likoud de Netanyahu.
Le Likoud a remporté le plus grand nombre de sièges parmi tous les partis, avec 27 sièges à la Knesset, qui en compte 120, mais la coalition sortante de Netanyahu n’en a obtenu que 53.
Ce résultat reste toutefois supérieur à celui de la coalition anti-Netanyahu d’Eisenkot, qui regroupe quatre partis juifs, allant du centre-gauche à la droite, qui n’a remporté que 48 sièges alors que les sondages laissaient présager un scrutin serré. Deux partis représentant la minorité arabe d’Israël ont remporté un nombre sans précédent de 19 sièges.
NETANYAHU ACCUSÉ DE REMETTRE EN CAUSE LES RÉSULTATS
Benjamin Netanyahu s’est emparé d’une enquête menée par les responsables électoraux sur d’éventuelles manipulations de votes pour semer le doute sur les résultats, accusant les partis dirigés par des représentants de la minorité arabe d’avoir volé des voix.
Les détracteurs du Premier ministre et de ses partenaires l'accusent de tenter de remettre en cause les résultats, ce qu’il nie.
La Commission électorale centrale d’Israël a déclaré mercredi que l’intégrité du scrutin n’avait pas été compromise. Le président de la commission, le juge de la Cour suprême Noam Sohlberg, a appelé les élus israéliens à protéger la confiance du public, plutôt qu’à l’ébranler.
"Il s’agit d’un réel danger. L’un des fondements de la démocratie est la passation pacifique du pouvoir", a déclaré Noam Sohlberg à Isaac Herzog mercredi. Le taux de participation élevé, notamment au sein de la minorité arabe, a été une bénédiction, a-t-il ajouté.
Les alliés de Banjamin Netanyahu dans les rangs de l'extrême droite, dont le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, ont réclamé l'arrestation immédiate et l'interrogatoire des dirigeants des partis arabes.
(Maayan Lubell et Alexander Cornwell; version française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer